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Paul Cherqui, l’intime architecte de la robe de mariée

Paul Cherqui, l’intime architecte de la robe de mariée

Certaines rencontres se préparent avec minutie. D’autres s’imposent, avec une évidence presque troublante. Dans la lumière feutrée du Mövenpick Hotel & Casino Geneva, nous avons eu le privilège d’ouvrir un échange sincère, presque confidentiel, avec Paul Cherqui, à l’occasion de sa toute première présentation en Suisse, les 18 et 19 mai 2026. Au-delà des robes, c’est une vision profondément humaine qui s’est révélée celle d’un homme qui observe, écoute et analyse avec justesse, avant de créer.

Histoire : aux origines d’un regard

On découvre Paul Cherqui aux côtés de Nathalie, sa partenaire créative, à travers des émissions dédiées à l’univers du mariage. Leur duo séduit par une alchimie rare, mêlant rigueur et émotion. Mais c’est en boutique, au contact direct des femmes, que son regard s’est véritablement façonné. La télévision n’a fait que révéler une expertise déjà ancrée. Aujourd’hui, il affirme pleinement son écriture avec Paul Cherqui Couture.

Une vision déconstructrice pour mieux révéler

La robe de mariée, souvent perçue comme un symbole purement féminin, se redessine ici avec une précision presque architecturale. Paul Cherqui déconstruit les évidences : la beauté ne se standardise pas, elle se compose. Silhouette, posture, énergie tout devient matière à équilibre.

Collection Formidable : la révolution des courbes

Avec Formidable, il signe l’une des premières collections audacieuses pensées pour les silhouettes généreuses. Là où l’offre était autrefois limitée, il imagine près d’une centaine de robes. Les lignes épousent, les matières caressent, les coupes révèlent. Une élégance libre, où la sensualité s’affirme avec naturel.

INTERVIEW DE PAUL CHERQUI

Qu’est-cе qui se cаche derrière сettе prоfessiоn ?

Il est clair qu’unе соnditiоn essentiеlle pоur eхercеr ce métier еst d’appréciеr les fеmmes. Il fаut être саpаblе de les cоmprеndrе еt dе ressеntir lеurs émоtiоns.

C’est votre première venue en Suisse. Que ressentez-vous ici à Genève ?

Ce qui me frappe, c’est la sincérité. Les femmes viennent avec une intention très claire. Elles ne sont pas dans la curiosité, mais dans une démarche presque engagée. Il y a une élégance ici, mais sans démonstration. Et ça, pour moi, c’est essentiel.

Dans un marché en constante évolution, comment définiriez-vous aujourd’hui la robe de mariée idéale ?

La robe idéale n’existe pas. C’est une illusion. Une même robe portée par dix femmes devient dix robes différentes. Ce qui compte, ce n’est jamais la pièce en elle-même, mais la femme qui lui donne vie. C’est la mariée qui fait la robe, et non pas la robe qui fait la mariée. » On oublie souvent que la robe est une conséquence. Elle s’inscrit dans un contexte : une morphologie, un lieu, une saison, un moment de vie. On ne se marie pas de la même manière sur une plage en plein été que dans un hôtel à Genève, où l’élégance se fait plus retenue, presque silencieuse. Et révéler la plus belle version d’une mariée… ça, je sais le faire.

Vous parlez souvent de “lecture” de la femme. Comment cela se manifeste-t-il ?

C’est profondément instinctif. Avec les années, j’ai développé une véritable mémoire visuelle, presque intuitive. Je pense en profils… Je ne crée pas pour une personne en particulier, mais pour une énergie. Une femme peut être douce, affirmée, audacieuse… et la robe doit traduire cette essence sans jamais la trahir. C’est un équilibre délicat, presque invisible. Et puis, lors de la rencontre, tout s’aligne. Il y a une évidence, une connexion immédiate qui guide naturellement la création.

Quelle est l’erreur que vous observez le plus souvent lors des essayages ?

La première erreur, c’est de vouloir la plus belle robe. Une illusion, presque un piège. Accorder plus d’importance à la beauté de la robe qu’à la façon dont elle vous va… c’est très grave. Une robe peut être spectaculaire sur un cintre, et pourtant ne rien révéler une fois portée. Ce que je recherche, ce n’est pas l’effet, mais la justesse. Et puis il y a le regard des autres. Trop d’avis brouille l’intuition, dilue la décision. Parfois, mon rôle est aussi de dire non. Refuser une robe, c’est souvent la meilleure façon de protéger une mariée… et de préserver son élégance.

Votre regard d’homme semble jouer un rôle clé…

Oui, parce qu’il rassure. Un avis masculin, ça rassure beaucoup de femmes. Elles sont habituées à partager leurs choix avec leur futur mari. Et là, elles se retrouvent seules. Je deviens une forme de repère, mais sans jamais imposer.

Y a-t-il un moment qui a profondément changé votre perception du métier ?

Oui… et je crois que je ne l’oublierai jamais. Une mariée est venue me voir, rayonnante. Elle était d’une joie incroyable. Et pourtant, elle n’avait pas de jambes. Cette femme, c’était un exemple pour nous tous. Elle voulait danser, profiter, vivre pleinement ce moment. Et je me suis dit… comment peut-on se plaindre, nous ? C’est là que j’ai compris que la robe n’était rien, finalement. Ce qui compte, c’est l’énergie. Une véritable leçon de vie.

Comment percevez-vous l’évolution actuelle, avec les réseaux sociaux et l’IA ?

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Les réseaux sociaux sont aujourd’hui incontournables. Je m’en sers beaucoup pour présenter mes collections, partager des moments, faire vivre mon univers. Mais il y a toujours un revers. Nous sommes entrés dans une ère de projection permanente. Les futures mariées arrivent avec une vision déjà construite, très précise, jusque dans les moindres détails, guidées par des tendances qu’elles suivent avec une grande rigueur. Ce qui m’interpelle, c’est cette distance grandissante avec le réel. Certaines se projettent à travers des robes générées par l’intelligence artificielle, sans jamais en avoir ressenti la matière, le poids, le mouvement. Et à ce moment-là, quelque chose s’efface. La texture disparaît, la sensation aussi… et surtout, l’émotion.

Si vous deviez transmettre une seule phrase à une future mariée ?

Je lui dirais : « Une robe, c’est 8 heures… un mari, c’est 80 ans. » Qu’elle ne se trompe pas sur l’essentiel. C’est une manière de dire : recentrez-vous. Soyez heureuse. Parce qu’une femme épanouie sera toujours belle.

Et demain ? Genève fait-elle partie de vos projets ?

Oui, clairement. J’aimerais m’y installer, créer un lieu. Il y a ici une vraie sensibilité à la qualité, au détail, à l’élégance. C’est un terrain naturel pour moi.

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

De la sérénité. Et des clientes qui me font confiance, totalement. Créer dans la confiance… c’est là que tout devient fluide.

Le regard de Laurence Sallaz

J’ai l’оccasiоn de crоiser des créatеurs, mais les échangеs de regards demeurеnt rarеs. Pаul Cherqui ne se cоntente pas dе cоnfеctiоnnеr des rоbes. il établit des harmоnies. Sa fоrсе réside dans la retenuе, l’écоute et la préсisiоn. Dans un univers saturé d’imagеs, il rаppellе une vérité fоndamеntale : lа bеauté sе rеssent. En sоmmе, cela reviеnt à une nоtiоn essentiеlle : la générоsité.

Déclaration Mariage
88 Rue Houdan
92330 Sceaux (France)
declaration-mariage@orange.fr
Téléphone : +33 1 46 61 59 06

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