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Le Léman vu d’en haut

Le Léman vu d’en haut

Avec l’arrivée du printemps, rien de tel que de prendre la poudre d’escampette. TAB-Mag vous a concocté des idées d’escapade le temps d’une journée.

Les Rochers-de-Naye

Débutez l’ascension depuis les palmiers de Montreux en direction du sommet à bord du train à crémaillère inauguré en 1892. Là-haut, l’horizon vous invite à écouter le chant libre des oiseaux tandis que le Léman vous toise, s’empare de vous pour mieux vous absorber entièrement.

Cernés de pentes abruptes, vous êtes sans cesse en contre-plongée, le nez dans le turquoise d’une intense gaité. À 2000 mètres d’altitude, laissez-vous happer par la splendeur du paysage qui vous fera presque oublier de reprendre votre respiration: à l’ouest, la vue se prolonge sur la chaîne du Jura, tandis qu’à l’est, la Plaine du Rhône ceinturée par les Alpes et, le long du lac dont le fond est percé par les rais d’acier du soleil, la réserve naturelle des Grangettes. L’éclat, féerique à cet instant, exalte les contours et les couleurs tandis que le vent effleure les plantes de montagne. C’est sans doute à ce moment précis que le côté hypnotique et cinématographique des lieux vient frapper le cœur dans l’urgence de vouloir être joyeux.

Décidément, les Rochers-de-Naye vous offre un champ inattendu de réjouissances et d’émerveillements.

©Laura Ortiz de Zarate

Cully

Inscrite au patrimoine mondial par l’Unesco (2007), la région viticole ourlant les rives du Léman est considérée comme l’une des plus belles de Suisse : à perte de vue s’échelonnent des kilomètres de vignobles en terrasses et murets de pierres sèches, bâtis par les moines cisterciens au Moyen Âge. A

ujourd’hui, certains vignerons, de vrais puristes à la Ramuz, poursuivent ce travail d’harmonie avec la nature qui les entoure et les nourrit. Flâner dans le village de Cully, c’est s’approprier encore davantage le terroir local: balcons fleuris de géraniums rouges grenat, auberges charmantes aux tons pastels, échoppes surannées. Tout semble porter le seau de l’élégance, que rien ne peut venir égratigner, même un col qui rebique ou un escarpin fatigué.

Aux beaux jours, allez-y aux aurores, les yeux encore embués de sommeil, pour commencer la journée sous les meilleurs auspices. Inspirez l’air frais avant de plonger votre corps dans les eaux cristallines aux côtés de grèbes huppés en goguette. Une parenthèse de bien-être dans un cadre de carte postale d’un autre temps alors que le monde sommeille encore.

©Marie Contreras

Le Salève

Alors que les huit cloches de la cathédrale Saint-Pierre résonnent contre les coquettes habitations genevoises, prenez un grand bol d’air aux portes de la ville. Rien de tel qu’une excursion au Salève aux flans azurés et perpendiculaires, en France voisine, pour partir cheminer en montagne en un clin d’œil. À bord du téléphérique inauguré en 1932, qui s’élève dans le petit matin, on laisser derrière soi la cacophonie citadine pour mieux apprécier le paysage enchanteur qui se découvre au fur et à mesure de l’avancée dans les airs. Seul le ronron imperturbable des moteurs vient troubler la quiétude du voyage.

De son sommet culminant à 1379 mètres, communément appelé la « Montagne des Genevois » et démontrant l’amour des locaux à son égard, on jouit d’une vue exceptionnelle sur le Léman, la cité de Calvin, le Jura et, par météo clémente, jusqu’à la chaîne du Mont Blanc. Loin du superflu, dans un environnement propice à la sérénité et à l’introspection, on peut enfin mettre les curseurs à zéro et apaiser l’esprit chahuté lorsque l’on a pour habitude de traverser la vie pied au plancher.

Les 250 km de sentiers balisés feront la joie des mordus de marche en quête de beauté qui s’immisce sans crier gare ou des amateurs de balades en raquettes dès la tombée des premiers flocons.

Mont-Salève ©Genève Tourisme

La Dôle

Depuis Saint-Cergue, pique-nique gourmand dans le sac à dos, peut-être préférerez-vous y trotter à petite allure pour mieux apprécier l’environnement champêtre. Au fil de l’avancée indolente de la marche, la pensée peut enfin se libérer. L’air vivifiant de cette contrée composée de forêts touffues et le patrimoine naturel jurassien invitent à musarder dans les réminiscences et les rêveries.

De La Dôle située à 1677 mètres, le corps en surchauffe et les pensées apaisés par l’exercice, on y contemple les couleurs irradiantes du lac Léman lorsque le soleil perce le plafond de nuages duveteux, les crêtes bleutées des Alpes et le Mont Blanc encapuchonné de poudreuse. Tout autour de soi, le calme, les gentianes sauvages, les boutons d’or, un ciel à peine griffé d’un nuage et l’odeur de la terre.

Voir aussi

Une atmosphère qui semble pouvoir résoudre tous les problèmes et offrir d’autres perspectives. Pour les amateurs de faune locale, régalez-vous par l’observation les groupes de chamois dévalants les pentes du sommet jurassien.

La Dôle ©Grégoire Chappuis

Thollon-les-Mémises

La station de montagne savoyarde, située de l’autre côté de la frontière et surplombant l’ensemble du Chablais, a le don de répondre à l’appel d’évasion et de mettre le cœur en fête. Entre lac et montagne, elle est idéale pour profiter des vues lacustres et panoramiques grandioses, notamment sur la variation de bleus des eaux du Léman, le massif du Jura et les imposantes Alpes franco-suisses.

Cet havre de paix est aussi bien le terrain de jeu des randonneurs appréciants les sentiers émaillés de forêts profondes et les avancées le long des crêtes, que des amoureux de nature en quête du bruit doux et mou du froissement des alpages fleuris. Lors de vos balades dans la pureté de son air d’altitude, vous aurez peut-être la chance de pouvoir admirer la faune locale tels que les aigles royaux, marmottes et chamois.

En hiver, le domaine skiable avec 50 km de piste, idéal pour les familles, avec le Léman en contrebas donne la sensation de survoler la mer à chaque virage et de tutoyer les nuages magellaniques.

Thollon-les-Mémises ©Marie_El Hajal

Prendre le temps de la contemplation

Avec ses paysages intemporels et dignes des toiles de Ferdinand Hodler, le lac Léman, entouré de célèbres buts d’excursion, invite à des échappées plurielles. De la cime du Salève aux plages irrésistibles du Lavaux se dévoile une région enchanteresse où les contrastes connaissent l’art de la cohabitation.

Elle donne le loisir de projeter son esprit loin, de vivre au rythme du végétal et de recalibrer les essentiels. Tout ici donne envie de sillonner la région sans buts ni contraintes, d’y observer la lumière de l’aurore filtrant à travers les pins et d’apprécier le temps de rien pour mieux se laisser bouleverser par le sublime du quotidien.

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