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BROCO, l’application qui veut reconnecter la Suisse romande à celles et ceux qui la nourrissent

BROCO, l’application qui veut reconnecter la Suisse romande à celles et ceux qui la nourrissent

Et si le terroir ne se découvrait plus seulement dans l’assiette, mais aussi sur le terrain, au contact de celles et ceux qui cultivent, pêchent, transforment, façonnent et transmettent ? Imaginée par Jérémie Cordier, chef du restaurant Racine à La Tour-de-Peilz, BROCO veut créer un nouveau lien entre le public et les artisans du goût en Suisse romande. Plus qu’une application, une invitation à vivre le terroir autrement.

Derrière chaque produit, une histoire humaine

Au-delà des produits que l’on achète, que l’on cuisine ou que l’on goûte, il y a tout ce que l’on ne voit pas toujours : les gestes répétés, les saisons qui imposent leur rythme, les contraintes de la météo, les choix du quotidien, la patience, les essais, parfois les échecs, et cette passion discrète qui donne toute sa valeur à ce qui arrive finalement dans nos assiettes.

C’est précisément cette partie invisible du goût que BROCO souhaite mettre en lumière. Lancée en Suisse romande, cette nouvelle application entend relier directement les artisans du goût au public curieux de mieux comprendre ce qu’il mange, d’où viennent les produits et, surtout, qui les fait vivre. Boulangers, maraîchers, pêcheurs, vignerons, fromagers, éleveurs, bouchers, agriculteurs : BROCO veut rassembler sur une même plateforme celles et ceux qui façonnent le terroir romand, en leur permettant de proposer des visites, ateliers, dégustations, rencontres ou expériences immersives.

À l’origine du projet, on retrouve Jérémie Cordier, chef du restaurant Racine à La Tour-de-Peilz. Dans sa cuisine, aucun produit ne provient de plus de 70 kilomètres et chaque menu s’adapte aux ressources saisonnières et régionales. Une philosophie exigeante, qui a naturellement nourri la naissance de BROCO.

« Chez Racine, travailler dans un rayon de 70 km n’est pas seulement une contrainte, c’est une manière de penser. Cela oblige à regarder autour de soi, à comprendre les saisons, à créer des liens directs avec les producteurs, à adapter sa cuisine au vivant. Et en faisant ce travail, je me suis rendu compte que chaque produit avait une histoire. Derrière un légume, un poisson, un fromage ou une bouteille, il y a une personne, un lieu, un geste, une passion. BROCO est né de cette envie de rendre ces histoires visibles au-delà de l’assiette. »

Chef Jérémie Cordier

Ce besoin de transmission, le chef l’a ressenti au fil de ses rencontres avec celles et ceux qui font vivre le terroir au quotidien. « Je l’ai ressenti assez naturellement, en travaillant au quotidien avec des producteurs, des artisans, des vignerons, des pêcheurs, des maraîchers, des fromagers… On se rend compte qu’il existe une richesse incroyable en Suisse romande, mais qu’elle est encore trop dispersée », explique Jérémie Cordier. « Il y a des gens formidables, des savoir-faire puissants, des produits magnifiques, mais le public ne sait pas toujours où les trouver, comment les rencontrer, ni comment entrer dans leur univers. BROCO est né de ce constat : il fallait un outil simple, vivant, accessible, pour reconnecter les gens à celles et ceux qui font le terroir. »

Le terroir, au-delà du produit

Depuis plusieurs années, les notions de proximité, de saisonnalité et de circuits courts se sont imposées dans les discours autour de l’alimentation. Mais BROCO souhaite aller plus loin que la seule question de l’origine ou de la distance parcourue par un produit. L’application introduit une idée plus sensible : celle d’un circuit court relationnel.

Autrement dit, il ne s’agit plus seulement d’acheter local, mais de rencontrer, comprendre, écouter, participer. D’entrer dans une cave, une ferme, un atelier, une fromagerie, une boulangerie ou peut-être même sur un bateau de pêche, pour découvrir ce qui se joue avant le moment de la dégustation.

« Le circuit court, on le connaît souvent à travers le produit : acheter local, consommer proche, réduire les intermédiaires. Mais avec BROCO, on veut aller plus loin », souligne Jérémie Cordier. « Le circuit court relationnel, c’est créer un lien direct entre le public et les professionnels du terroir. Ce n’est plus seulement acheter un produit, c’est rencontrer la personne qui le fait, comprendre son métier, visiter son lieu, participer à un atelier, vivre une expérience. Concrètement, cela change tout : on ne consomme plus de la même manière quand on connaît l’histoire, le geste et la personne derrière ce que l’on mange ou ce que l’on boit. »

Cette dimension humaine est au cœur du projet. BROCO n’entend pas seulement référencer des adresses ou recommander des activités. L’application veut devenir un pont entre le public et les métiers du goût, en redonnant de la visibilité à des savoir-faire parfois proches géographiquement, mais encore trop éloignés du quotidien des consommateurs.

Rendre visible ce que l’on ne voit pas

Dans une société habituée à trouver presque tout, tout le temps, la saisonnalité peut parfois sembler abstraite. Derrière un légume, un fromage, un pain ou une bouteille, il y a pourtant un temps long, des gestes précis et une réalité souvent exigeante.

« Les consommateurs ne voient pas assez le temps, la précision, les contraintes et l’engagement qu’il y a derrière chaque produit », observe Jérémie Cordier. « On voit souvent le résultat final : une belle assiette, une bouteille, un fromage, un pain, un légume au marché. Mais on voit moins les heures de travail, les choix difficiles, les saisons qui dictent le rythme, les essais, les échecs, la météo, les gestes répétés, la passion qui tient tout cela debout. »

En donnant accès aux coulisses de ces métiers, BROCO entend ainsi transformer la relation au produit. Une dégustation chez un vigneron, un atelier chez un fromager, une rencontre dans une ferme ou un cours de cuisine autour d’un ingrédient local ne sont pas seulement des activités. Ce sont aussi des occasions de mieux comprendre la valeur d’un aliment, d’un savoir-faire, d’un territoire.

« C’est cette partie invisible que BROCO veut rendre plus visible. Parce que lorsque l’on comprend le travail derrière un produit, on lui donne une autre valeur », ajoute le chef.

Pisciculture de Vionnaz

Des expériences simples, sincères et vivantes

Sur BROCO, les professionnels peuvent proposer des expériences immersives autour de leur métier : visites, ateliers, dégustations ou rencontres sur les lieux de production. L’idée n’est pas de créer un tourisme gastronomique standardisé, mais de favoriser des moments authentiques, accessibles et incarnés.

Jérémie Cordier imagine ainsi une Suisse romande où les curieux du goût pourraient réserver une sortie avec un pêcheur sur le Léman, participer à une cueillette sauvage, découvrir le travail d’un vigneron, apprendre auprès d’un fromager ou partager un repas chez un producteur.

« J’aimerais voir se multiplier des expériences simples, sincères et fortes. Une dégustation chez un vigneron, un atelier chez un fromager, une sortie avec un pêcheur sur le lac, une cueillette sauvage, une rencontre dans une ferme, un repas chez un producteur, un cours de cuisine autour d’un produit local », confie-t-il. « Pas des expériences figées ou trop institutionnelles. Des moments vivants, humains, où l’on apprend quelque chose, où l’on goûte, où l’on échange, où l’on repart avec une histoire à raconter. La Suisse romande a tout pour devenir un territoire d’expériences autour du goût. »

Cette approche s’adresse aussi bien aux passionnés de gastronomie qu’aux familles, aux entreprises ou aux visiteurs de passage. Elle répond à une envie très actuelle : consommer moins passivement, chercher du sens, créer du lien, vivre une expérience qui laisse une trace.

Une application, mais pas seulement digitale

BROCO se présente aussi comme un réseau social dédié à la gastronomie locale. Un espace où professionnels et particuliers peuvent partager des créations, des découvertes, des produits de saison ou des instants de terrain. Mais ici, le digital n’a pas vocation à remplacer la rencontre. Il sert plutôt à la provoquer.

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C’est l’un des paradoxes intéressants du projet : utiliser une application pour sortir des écrans, se rendre sur place, rencontrer, toucher, goûter, comprendre. Le numérique devient alors un outil de mise en relation, au service d’une expérience profondément ancrée dans le réel.

Cette dimension est essentielle pour Jérémie Cordier, qui souhaite aussi renouveler la manière de raconter le terroir. Trop souvent associé à une forme de nostalgie ou de tradition figée, celui-ci peut au contraire devenir un terrain d’expression très contemporain.

« Le terroir, ce n’est pas seulement le passé. C’est une matière vivante. Ce sont des lieux, des saisons, des métiers, des idées, des rencontres », rappelle-t-il. « Il faut le raconter avec les codes d’aujourd’hui : de belles images, des formats courts, des expériences accessibles, une plateforme fluide, des contenus qui donnent envie. BROCO veut justement montrer que le terroir peut être moderne, désirable, dynamique. On peut parler de tradition sans être poussiéreux. On peut défendre le local avec une énergie contemporaine. »

Une nouvelle manière de vivre la gastronomie romande

En filigrane, BROCO pose une question simple mais essentielle : que savons-nous vraiment de ce que nous mangeons ? Pas seulement en termes d’origine, de composition ou de labels, mais en termes d’histoires humaines, de gestes, de lieux et de transmissions.

À travers cette application, Jérémie Cordier souhaite remettre le territoire au centre de l’assiette, et l’humain au centre du territoire. Une ambition qui résonne particulièrement dans une Suisse romande riche de savoir-faire, de paysages et de traditions gourmandes, mais où les rencontres entre artisans et public restent encore souvent dispersées.

À terme, le chef voit BROCO comme une plateforme de référence pour celles et ceux qui souhaitent vivre le terroir autrement. « J’aimerais que lorsqu’une personne cherche quoi faire ce week-end, où découvrir un producteur, quel atelier réserver, quelle cave visiter ou quelle expérience vivre autour de la gastronomie locale, elle pense naturellement à BROCO », explique-t-il.

Et l’ambition dépasse le simple outil pratique. BROCO veut faire naître une communauté. « L’idée est de créer un vrai mouvement. Une communauté qui rassemble les professionnels, les passionnés, les curieux, les familles, les entreprises, les touristes… Tous ceux qui veulent découvrir un territoire à travers ce qu’il produit, ce qu’il transmet et ce qu’il fait vivre. BROCO est né en Suisse romande, mais le besoin existe partout : reconnecter les gens au goût, aux lieux et aux personnes. »

En savoir plus sur : https://broco-app.ch/fr

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