À Genève et en Suisse romande, la gourmandise a rendez-vous avec l’imaginaire. Du 23 mars au 5 avril 2026, la Pastry Week revient pour une deuxième édition placée sous le thème évocateur des « Trésors cachés ».
Derrière cette promesse: six chefs pâtissiers, six univers, et autant de créations inédites pensées comme des surprises à découvrir à la dégustation. Plus qu’un simple parcours sucré, l’événement confirme son ambition: célébrer la pâtisserie contemporaine, mettre en lumière des maisons de référence et inviter le public à goûter à des desserts conçus comme de véritables expériences.
Une semaine gourmande devenue rendez-vous attendu
La Pastry Week s’est installée en peu de temps comme un événement à part dans le paysage gourmand romand. Après une première édition 2025 construite autour du thème « Sweet Memories », ce second volet joue une partition plus mystérieuse, presque narrative. L’idée n’est pas seulement de proposer un beau dessert, mais d’emmener le public au-delà de l’apparence, vers un cœur inattendu, une texture surprise ou une association de saveurs qui se dévoile peu à peu.
Cette édition 2026 réunit six noms bien connus des amateurs de haute pâtisserie et de belles adresses genevoises: Michaël Perrichon pour le Mandarin Oriental, Geneva, Lyece Major pour le Four Seasons Hôtel des Bergues Genève, Alexis Calcagno pour l’Hôtel Bristol Genève, Christophe Renou pour la Pâtisserie Renou, Maxime Mesbauer pour la maison Guillaume Bichet et Yohan Coiffard pour Tout Chocolat. Trois chefs issus de l’hôtellerie de luxe côtoient ainsi trois maisons pâtissières reconnues, dans un casting qui reflète bien l’écosystème sucré genevois.

« Trésors cachés »: un thème entre secret, surprise et émotion
Le thème a quelque chose d’enfantin et de sophistiqué à la fois. Il évoque la chasse au trésor, le mystère, le plaisir de découvrir ce qui se cache sous une coque, derrière une mousse, dans un insert ou au détour d’un contraste de textures. C’est précisément ce terrain de jeu qui rend cette édition particulièrement séduisante. Ici, la pâtisserie ne se contente pas d’être jolie ou gourmande: elle raconte quelque chose, elle ménage un effet de surprise, elle invite à regarder puis à goûter autrement.
Ce qui participe sans doute au charme de la Pastry Week, c’est la possibilité de passer d’une adresse à l’autre et de découvrir six interprétations d’un même fil rouge, du plus sculptural au plus floral, du plus alpin au plus chocolaté. Une manière élégante de rappeler que la pâtisserie contemporaine est aussi un langage créatif. Cette lecture est une interprétation éditoriale à partir du concept général présenté par l’événement.
Six créations pour explorer la pâtisserie autrement
Parmi les créations annoncées, certaines misent d’abord sur la force visuelle. Au Mandarin Oriental, Geneva, Michaël Perrichon imagine « Ebène », un dessert inspiré des masques tribaux africains. Sous une coque de chocolat noir du Ghana à 80 %, le chef glisse un biscuit coco, une compotée de banane et une note singulière de poivre des Gorilles, une épice rare d’Afrique centrale. Le résultat s’annonce intense, presque cérémoniel, avec une vraie personnalité.

Au Four Seasons Hôtel des Bergues Genève, Lyece Major choisit une voie plus marine et lumineuse avec un dessert inspiré d’un coquillage. Une perle de kumquat acidulée y est enveloppée dans une mousse citronnée fraîche, complétée par un confit d’agrumes à la salicorne et des crumbles aux zestes. Sur le papier, l’ensemble promet une dégustation subtile, vive, presque iodée par touches.

À l’Hôtel Bristol Genève, Alexis Calcagno signe « Inspiration alpine, Génépi & Myrtilles », une proposition qui regarde du côté de la montagne. Meringue à la française, mousse infusée au génépi et caviar de myrtilles composent un dessert qui évoque la Haute-Savoie et joue la carte d’une fraîcheur plus herbacée et fruitée.

Chez Christophe Renou, l’idée du trésor caché prend la forme d’un œuf en chocolat noir Caraïbe 63 %, qui s’ouvre sur un fond croustillant, un biscuit moelleux, un confit de framboise, une mousse légère au yuzu et des framboises fraîches. Une construction raffinée, pensée autour de l’équilibre entre fruit, acidité et gourmandise.

Du côté de Guillaume Bichet, Maxime Mesbauer présente « Mister Grey », une pâtisserie nichée sous un écrin de chocolat noir maison, avec un cœur aux notes de thé Earl Grey et d’agrumes. La bergamote y joue un rôle central, dans une composition où fondant et croustillant se répondent.
Enfin, chez Tout Chocolat, Yohan Coiffard propose un œuf en chocolat construit sur une base de biscuit Sacher sans gluten, coiffé d’une mousse au chocolat au lait Maracaibo 49 % du Venezuela, enrichi d’un insert floral délicatement rosé, d’un praliné noisette et d’un croustillant au riz soufflé. Une création qui semble parler d’abord aux amoureux du chocolat, sans renoncer à la finesse.
Une gourmandise qui soutient aussi une cause locale
La Pastry Week garde par ailleurs sa dimension solidaire. Pour chaque pâtisserie vendue durant l’événement, 2.- CHF seront reversés au Bioparc Genève, structure engagée pour la biodiversité à travers des missions de conservation, de recherche, de sensibilisation et d’éducation à l’environnement. En 2025, l’événement soutenait déjà l’association Rêves Suisse. Cette continuité donne une profondeur supplémentaire à l’initiative: ici, le plaisir du dessert s’accompagne d’un geste concret.
Pourquoi on a envie d’y aller
Parce qu’au fond, la Pastry Week réussit quelque chose de précieux: rendre la haute pâtisserie à la fois désirable, accessible et vivante. On y retrouve le goût du beau, l’exigence technique, le plaisir de découvrir de nouvelles adresses ou de redécouvrir des maisons connues sous un angle inédit. Mais on y trouve aussi une forme de légèreté, presque de jeu, autour d’un thème commun qui laisse chaque chef libre de son interprétation.
La Pastry Week représente typiquement le genre d’événement qui donne envie de prendre le temps: entrer dans une pâtisserie ou un palace, s’installer, observer une création, puis laisser le dessert raconter sa propre histoire. Et en 2026, cette histoire a le goût du secret bien gardé.
